J'ai créé mon premier site il y a huit ans, sur une plateforme gratuite dont j'ai oublié le nom. Trois semaines de travail, une bannière publicitaire de 300 pixels qui s'affichait par-dessus mon menu, et zéro visiteur. J'ai recommencé. Mal. Puis j'ai fini par comprendre une chose que personne ne dit clairement : le vrai sujet de la création de site internet, ce n'est pas « comment faire », c'est « qui possède quoi, et combien ça coûte vraiment ». Quand on avance sur la création d'un site internet, s'inspirer de chez Geek Tonic évite les raccourcis coûteux.
C'est ce dont je veux parler ici, parce que c'est exactement ce que les pages de vendeurs évitent soigneusement.
Points clés à retenir
- Le prix affiché d'un site est presque toujours inférieur au coût réel sur 3 ans.
- Le choix technique se joue moins sur les fonctionnalités que sur la réversibilité : pouvez-vous partir avec votre contenu ?
- WordPress, une plateforme SaaS et le sur mesure ne répondent pas aux mêmes projets.
- La vitesse de chargement a un impact mesurable sur le référencement, et une grande partie des sites vitrines la négligent.
- Le gratuit existe, mais il a un prix : publicités, sous-domaine, limites de pages.
- Migrer un site existant coûte souvent plus cher que le refaire, à cause du référencement acquis.
Création site internet : le vrai coût qu'on ne vous montre pas
Le tarif mensuel est la partie émergée de l'iceberg. J'ai tenu un tableur sur mon dernier projet, un site vitrine pour une cliente architecte. Sur 36 mois, l'abonnement annoncé à 12 €/mois a coûté 1 240 € au total. Pas 432 €. L'écart vient de quatre postes que les grilles tarifaires mettent en bas de page, en petits caractères.
Où part l'argent, concrètement
- Le nom de domaine — souvent offert la première année, puis 15 à 20 € par an. Sur trois ans, ça compte.
- Les extensions payantes — formulaires avancés, réservation en ligne, galeries. Chacune a son abonnement.
- Les commissions e-commerce — certaines plateformes prennent 2 à 3 % sur chaque transaction, en plus des frais bancaires.
- La migration ou l'export — parfois facturé, parfois simplement impossible.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Franchement, c'est le critère que je regarde en premier aujourd'hui, avant même le prix. Un site que vous ne pouvez pas exporter, c'est un site que vous louez. Pas que vous possédez.
Le cas du « gratuit »
Créer un site web gratuitement, c'est faisable. J'ai testé pour un projet perso. Le sous-domaine affiche le nom de la plateforme, une bannière s'insère automatiquement, et vous plafonnez souvent à quelques pages. Pour un portfolio personnel qu'on assume, ça passe. Pour une entreprise qui cherche de la crédibilité, ça envoie un signal inverse : celui qu'on n'a pas voulu investir.
Plateforme SaaS, WordPress ou sur mesure : comment choisir
Voilà une question qu'on me pose à chaque repas de famille. La réponse honnête est : ça dépend de trois choses uniquement — le budget, la fréquence de mise à jour, et votre tolérance technique.
| Solution | Idéal pour | Coût indicatif / an | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Plateforme SaaS (Wix, SiteW, IONOS) | Vitrine, portfolio, lancement rapide | 100 à 350 € | Export limité, dépendance à l'abonnement |
| WordPress auto-hébergé | Blog, e-commerce, SEO long terme | 120 à 500 € | Maintenance, sécurité à gérer |
| Développement sur mesure | Fonctionnalités spécifiques, gros volumes | 3 000 € et plus | Coût initial élevé, dépendance au prestataire |
Mon avis, et je l'assume : pour 90 % des petites entreprises, WordPress auto-hébergé reste le meilleur compromis. Vous possédez vos fichiers, vous changez d'hébergeur quand vous voulez, et le coût reste maîtrisé. Le SaaS gagne uniquement si vous savez que vous ne toucherez jamais à la technique. Le sur mesure ne se justifie que quand aucune solution existante ne couvre votre besoin — c'est plus rare qu'on ne le croit.
Et l'IA dans tout ça ?
Les générateurs de sites assistés par IA (Momentum AI d'IONOS, Waia de SiteW, ou les builders intégrés à Google) proposent une maquette en quelques minutes à partir de trois questions. J'ai essayé. Le résultat est propre, générique, et parfaitement inutilisable tel quel. Ça fait gagner du temps sur la structure, jamais sur le contenu. Vous récupérez un squelette, pas un site.
En revanche, pour du prototypage rapide, c'est un gain réel. J'ai monté une maquette de landing page en 20 minutes là où j'en aurais passé deux heures. Il fallait tout réécrire ensuite, mais la charpente tenait debout.
La performance technique : le point que tout le monde ignore
Un site magnifique qui met 6 secondes à s'afficher est un site mort. Google le sait, et vos visiteurs aussi — la moitié abandonnent avant 3 secondes de chargement. Pourtant, dans les pages de vendeurs que j'ai parcourues, la vitesse apparaît en note de bas de page, quand elle apparaît.
Ce qui ralentit un site, dans la vraie vie
- Les images non compressées. C'est la cause numéro un, et de loin.
- Les extensions empilées sans contrôle, notamment sur WordPress.
- Un hébergement mutualisé bas de gamme partagé avec 400 autres sites.
- Les polices personnalisées chargées depuis un serveur distant.
J'ai fait l'erreur, sur le site de l'architecte, de charger six polices Google Fonts différentes. Six. Le temps de chargement est passé de 1,8 à 4,3 secondes. J'ai supprimé cinq polices et gagné 2,4 secondes en une après-midi. Le référencement a suivi dans les trois semaines.
Réponse rapide aux questions qu'on me pose le plus
Peut-on créer un site internet professionnel gratuitement ?
Techniquement oui, mais « professionnel » et « gratuit » cohabitent mal. Le gratuit implique presque toujours un sous-domaine au nom de la plateforme, des publicités imposées ou des limites de pages. Pour un usage personnel, c'est acceptable. Pour une entreprise, ces marqueurs nuisent directement à la crédibilité.
Peut-on créer un site web gratuitement avec Google ?
Google propose des outils comme Google Sites, qui permettent de monter une page simple sans frais. C'est pratique pour un document partagé ou un projet interne. Pour un vrai site d'entreprise avec du référencement, c'est limité : peu de contrôle sur la structure, pas de vraie gestion e-commerce, et une personnalisation réduite.
Combien coûte une création de site internet e-commerce ?
Sur une plateforme SaaS, comptez 200 à 600 € par an, plus des commissions potentielles sur chaque vente. Sur WordPress avec WooCommerce, l'hébergement et les extensions montent souvent entre 200 et 500 € par an, sans commission. En sur mesure, on dépasse régulièrement les 5 000 € à la création.
Ce que je regarde avant de signer
Avant de m'engager sur un projet, je pose deux questions au prestataire ou à la plateforme. La première : puis-je exporter l'intégralité de mon contenu, sans perte ? La seconde : que se passe-t-il sur mon référencement si je pars ?
Les réponses en disent plus long que n'importe quelle grille tarifaire. Un site bien référencé met des mois à se construire. Le perdre en une migration mal préparée, c'est perdre des mois de travail. J'ai vu une entreprise chuter de la première à la quatrième page de Google après un changement de plateforme bâclé. Six mois pour remonter.
La création d'un site, au fond, n'est pas un projet technique. C'est un pari sur l'endroit où vous voulez que votre contenu vive — et sur qui en gardera les clés.