Mettre à jour Joomla vers la dernière version : le guide sans stress

Mettre à jour Joomla semble simple, mais un clic sur le bouton ne vérifie ni votre template, ni vos extensions, ni votre PHP. Découvrez l'ordre précis à respecter pour éviter de casser le site de votre client.

Mettre à jour Joomla vers la dernière version : le guide sans stress

Vous ouvrez l'administration de votre site un lundi matin, et là, un bandeau rouge : « Une nouvelle version de Joomla est disponible ». Vous cliquez sur « Mettre à jour », et pendant trente secondes vous vous demandez si vous venez de casser le site de votre client. Je connais ce moment. Je l'ai vécu, plusieurs fois, dont une où j'ai réellement tout cassé.

La bonne nouvelle, c'est que mettre à jour Joomla vers la dernière version n'a rien de sorcier quand on respecte un ordre précis. La mauvaise, c'est que la plupart des tutoriels vous montrent le bouton sans vous parler de ce qui se passe autour. Et c'est autour que tout se joue.

Points clés à retenir

  • La dernière version stable est Joomla 6.2.0 ; la branche 5.x continue d'être maintenue en parallèle (5.4.10).
  • Toujours sauvegarder la base et les fichiers avant de lancer la mise à jour, sans exception.
  • Une mise à jour se teste d'abord en préproduction, jamais directement en production.
  • La compatibilité des extensions tierces est le premier facteur d'échec, pas le cœur de Joomla.
  • Après la mise à jour : purger le cache, vérifier le front, tester les formulaires.

Mettre à jour Joomla vers la dernière version : ce que le bouton ne vous dit pas

Joomla a un système de mise à jour intégré. Un clic, une barre de progression, un message de succès. Sur le papier, c'est propre. Dans les faits, ce bouton ne fait qu'une chose : remplacer les fichiers du cœur. Il ne vérifie pas que votre template tient debout, il ne vérifie pas que votre extension de formulaire a suivi, il ne vérifie pas que votre version de PHP est suffisante.

Quelle est la dernière version de Joomla ?

La dernière version publiée est Joomla 6.2.0. En parallèle, la branche précédente reste maintenue avec Joomla 5.4.10. Les deux sont sorties le même jour, ce qui est la façon habituelle de procéder du projet : une version de la nouvelle branche, une version de correction pour l'ancienne.

Ce qu'il faut comprendre : les deux séries existent en même temps, et ce n'est pas un bug. Si vous êtes sur Joomla 5, vous n'êtes pas « en retard ». Vous êtes sur une branche encore supportée. Si vous êtes sur Joomla 3 ou 4, en revanche, vous êtes sur une branche qui ne reçoit plus de correctifs de sécurité, et là le sujet change de nature.

Étape 1 : la sauvegarde, celle que tout le monde saute

Avouons-le, on l'a tous fait au moins une fois : cliquer sur « Mettre à jour » sans sauvegarde, en se disant que ça passera. Ça passe neuf fois sur dix. La dixième, vous passez la nuit à restaurer un dump vieux de trois semaines.

Une sauvegarde correcte, c'est deux choses, pas une :

  • Un export complet de la base de données (via phpMyAdmin, Adminer, ou l'outil de votre hébergeur).
  • Une archive de tous les fichiers du site, y compris /administrator, les templates et le dossier /images si vous n'avez pas de copie ailleurs.

Et surtout : téléchargez cette sauvegarde sur votre machine. Une sauvegarde qui reste sur le serveur que vous êtes en train de mettre à jour ne sert à rien.

Mon erreur, la vraie : un jour j'ai restauré un site à partir d'un dump SQL... en oubliant les fichiers. Le site est remonté, la moitié des images manquait. J'ai passé deux heures à re-uploader un dossier que j'avais supprimé par erreur trois semaines plus tôt.

Étape 2 : tester en préproduction (ou assumer le risque)

Si votre site fait cinquante pages et que personne ne le visite à 3 h du matin, vous pouvez tenter la mise à jour en direct après sauvegarde. Si c'est un site marchand, un site client, un site avec des formulaires de contact qui génèrent du chiffre, vous testez ailleurs. Point.

Le montage le plus simple : copiez le site dans un sous-dossier, sur un sous-domaine, avec une base séparée. Beaucoup d'hébergeurs mutualisés offrent un outil de clonage en un clic ; sinon, un export/import SQL et un transfert FTP font l'affaire en une demi-heure. C'est une demi-heure qui vous évite de découvrir après la mise à jour que votre extension de réservation ne fonctionne plus.

Étape 3 : vérifier les extensions, pas le cœur

Le cœur de Joomla se met à jour correctement dans l'immense majorité des cas. Ce qui bloque, ce sont les extensions tierces. Avant de lancer quoi que ce soit, faites le tour de vos extensions via le composant de mise à jour : voyez lesquelles ont une version compatible avec la branche cible, et lesquelles sont abandonnées.

Version actuelle Chemin recommandé Point d'attention principal
Joomla 3.x Passer d'abord par 4, puis 5 Beaucoup d'extensions 3.x n'ont jamais été portées
Joomla 4.x Mise à jour directe vers 5, puis 6 Vérifier le template et les plugins de cache
Joomla 5.x Mise à jour directe vers 6.2 Version de PHP et extensions « legacy »

Une extension abandonnée depuis quatre ans, c'est le vrai problème. J'ai vu un site bloqué en Joomla 3 pendant des années simplement parce qu'il utilisait un composant de galerie photo qui n'existait plus en version compatible. Le remplacement a pris une journée. La migration, trois semaines après, parce qu'on avait repoussé le sujet.

Étape 4 : la procédure, concrètement

  1. Vérifiez que le plugin « Mise à jour rapide » (Quickicon) est activé dans Système → Plugins.
  2. Rendez-vous dans Système → Mise à jour de Joomla.
  3. Cliquez sur « Vérifier les mises à jour » pour forcer la vérification du serveur.
  4. Lancez l'installation, puis attendez la fin sans rafraîchir la page.
  5. Videz le cache : Système → Vider le cache, et si un cache serveur est actif, purgez-le aussi.
  6. Déconnectez-vous, reconnectez-vous, et vérifiez que le statut affiché est bien la nouvelle version.

Le point 5 est celui qu'on oublie. Un site apparemment cassé après mise à jour est parfois simplement un site qui sert encore son ancien cache. Ça m'est arrivé sur un site client : le menu principal avait disparu. Un quart d'heure de panique, une purge de cache, tout est revenu.

Joomla ou WordPress : quel est le meilleur choix ?

Question piège, parce que la réponse dépend de qui vous êtes. Je ne vais pas vous faire le coup du « les deux ont du bon ». En mon opinion, Joomla est plus solide techniquement sur les sites à structure complexe, et WordPress reste plus simple à prendre en main et infiniment mieux entouré.

Quels sont les avantages et les inconvénients de Joomla ?

Ce qui marche bien :

  • Gestion native des niveaux d'accès utilisateurs, sans extension à installer.
  • Un système de menu et de taxonomie plus puissant qu'on ne le croit.
  • Une communauté réduite mais technique, qui publie des docs précises.

Ce qui coince :

  • Un catalogue d'extensions beaucoup plus mince, et des extensions parfois abandonnées.
  • Peu de thèmes récents de qualité gratuite comparé à l'écosystème d'en face.
  • Une mise à jour majeure qui demande un vrai travail de préparation, pas un simple clic.
  • Moins de développeurs disponibles si vous devez déléguer un jour.

Sur un site vitrine de dix pages, franchement, les deux se valent et WordPress ira plus vite. Sur un intranet ou un site avec des profils utilisateurs distincts, Joomla tient la route sans bricolage. Et je le dis en connaissant les limites de la plateforme.

Quel est le prix d'un site web Joomla ?

Joomla est gratuit, sous licence libre. Le logiciel ne coûte rien, mais un site ne se résume pas au logiciel. Ce qui coûte, c'est :

  • L'hébergement, à partir de quelques euros par mois en mutualisé correct.
  • Un template premium éventuel, généralement entre 40 et 100 euros en licence annuelle.
  • Les extensions payantes si vous en avez besoin, avec parfois un abonnement de renouvellement.
  • Le temps. C'est le poste le plus lourd, et le seul qui ne se met pas dans un tableau Excel facilement.

Sur un projet que j'ai suivi, le budget logiciel était de zéro et le budget réel a été du temps de migration. Une journée pour le clone de test, deux pour les extensions, une pour recetter. Quatre jours, juste pour la mise à jour. Ce n'est pas un argument contre Joomla, c'est le prix de la propreté technique.

Après la mise à jour : la recette qui évite les mauvaises surprises

Le message de succès ne veut pas dire que tout va bien. Il veut dire que les fichiers ont été remplacés.

La checklist que je déroule à chaque fois

  1. Le front s'affiche, la page d'accueil et une page interne.
  2. Le formulaire de contact envoie bien un mail (testez réellement, ne supposez pas).
  3. La connexion à l'administration fonctionne avec un compte non-superadmin.
  4. Les images du dossier /images s'affichent.
  5. Si vous avez un e-commerce, passez une commande de test.
  6. Vérifiez les logs d'erreur de l'hébergeur pour les prochaines 24 heures.

Et un point qu'on ne lit jamais : si un composant a planté, ne réinstallez pas tout. Lisez le message d'erreur, il est généralement précis. Un plugin qui casse après mise à jour se désactive en trois clics depuis l'administration ; le site remonte souvent tout seul.

Ce que je retiendrai de tout ça

Mettre à jour Joomla vers la dernière version, c'est une opération de maintenance, pas un événement. Le jour où on la traite comme un événement — celui où on bloque une soirée entière en priant — c'est déjà le signe qu'on a attendu trop longtemps.

La version 6.2.0 est là, la 5.4.10 aussi, et les deux sont vivantes. Ce n'est pas la course au numéro le plus élevé qui compte. Ce qui compte, c'est de ne pas se réveiller un matin sur une branche qui ne reçoit plus de correctifs, avec une extension abandonnée et une sauvegarde qui date de l'été dernier. Si votre seul souvenir de la dernière mise à jour est un soupir de soulagement, vous savez déjà ce qu'il vous reste à faire.

Clémence Baudry

Clémence Baudry

Clémence Baudry est une ingénieure passionnée par le cloud computing, l'automatisation et l'écosystème Kubernetes, où elle conçoit des architectures robustes et évolutives. Forte d'une solide expérience en intégration continue, elle aide les équipes à accélérer leurs livraisons logicielles tout en simplifiant les opérations. Son approche pragmatique et pédagogique fait d'elle une interlocutrice prisée pour accompagner la transformation technologique des organisations.

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